03 février 2009

Impressions de Cartagena de Indias

Quelques heures de deambulation solitaire.

Des remparts sur la mer, avec des canons contre les bateaux pirates. Au loin les tours empilees de la megapole. A la peripherie de la vieille ville coloniale, un joyeux bordel style africain, echoppes sur le trottoir, batiments delabres retenus par les cafards, ruelles et avenues encombrees de pietons, velos, taxis, bus et charrettes a mules.

Et puis la vieille ville, rues etroites abritees du soleil, balcons en bois, maisons peintes et fleuries. Un peu delabrees elles aussi, elles m'evoquent que tout finit par s'ecrouler, mais que t'en fais pas gamin, il nous reste encore un instant pour gouter la beaute. Un petit air de Cartagena Social Club.

Des terrasses de cafe, des librairies, des expos dans la rue, des musees. Ici les racines culturelles sont moins etouffantes qu'au Perou, les gens se sentent libres d'inventer.

Une foule lente et metissee. Par cette chaleur, qui se presse se liquefie, selon le theoreme du citron.

Impression agreable et sans doute fausse que le metissage ici est termine, que les traits et la couleur de chacun sont le fruit du hasard et d'une rencontre, et non un symptome de classe sociale, de violences recentes ou d'exode.

De la pauvrete aussi bien sur, et des malheureux en etat de manque, qui crient dans la rue. Mais pour une fois je regarde plutot l'endroit du decor.

Un petit moment de bonheur dans le parc du Centenaire, a observer la faune locale. Dans un arbre, un paresseux se dandine sur une musique sirupeuse ; Un iguane fait la gueule un peu plus loin, perche au dessus de passants ignorants de sa presence ; Des gamins nourrissent des ecureuils ; des petits singes ; Un attroupement autour d'un exorciste de rue ; Boire un cafe vendu a la sauvette, et discuter le bout de gras avec mes voisins, assis sur les murets du parc. Aaaahhh... Regarder passer les passants, m'attarder sur les beaux corps, les beaux cheveux, les chapeaux de paille, les demarches nonchalantes...

Le quotidien me rattrapera bien, je savoure l'instant en attendant.

Voila. Le soleil est vertical, la ville s'est videe, tout le monde ou presque est a l'ombre, de rares vendeurs ambulants proposent encore leurs rafraichissements qui doivent etre au bord de l'ebullition. Il est temps de se rapprocher du ventilateur de l'hotel.

je vous embrasse.

antoine

Posté par famille longet à 22:32 - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Impressions de Cartagena de Indias

    Savourez....

    J'aime tes photos lettrées, Antoine.

    Sur ce, je vais me coucher dans mon lit tout froid, avec un peu de votre soleil dans la tête...

    Encore des bisous, hâte de vous en faire en vrai.

    Cha.

    Posté par Charlotte, 03 février 2009 à 23:26 | | Répondre
  • belle visite

    Merci Antoine, tes ballades, tes mots sont pleins d'images pour nous, tu nous réchauffe le coeur et tu nous emmènes près de toi.
    Continues
    Bises
    Mmamine

    Posté par mamine, 04 février 2009 à 10:27 | | Répondre
  • Quelle plume, amigo !

    ... Profite-en pour t'éventer.

    Posté par Tonton, 13 février 2009 à 23:25 | | Répondre
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