02 mars 2009

Trigana, à l'ouest d'Utopie

bonjour
on vient de passer 3 semaines pres de la frontiere entre la Colombie et le Panama, baie de Trigana, limite de la foret du Darien.
Petits villages de pecheurs et d'agriculteurs, pas de route, des pistes, pas de voitures, des mules et des chevaux, pas de vaches, des zébus.
La foret qui deboule de la montagne à cougourdes rabattues et qui vient se jeter dans la mer, la mer qui ronge la plage, abat les arbres a pain, charrie des bois flottés aux formes psychédéliques.
La foret pleine de bestioles, singes hurleurs, capucins, fourmis, fourmiliers, pitites grenouillettes colorées toutes mignonnes et super poison, gros serpents siffleurs venimeux et tres tres pas gentils, oiseaux de toutes les couleurs...
Le paradis, encore, quelle routine...

Ce petit recoin du monde est accessible seulement par une heure de bateau-bus, qui te jette sur la plage trempé et pantelant, avec les restes de ton coccis dans la main. Ici se côtoient des noirs et des métis, dans les villages, des indiens dans la foret, et des blancs échoués volontaires.
Son isolement en fait un lieu de rendez vous pour toutes sortes d'utopistes (sans aucune connotation négative), de refaiseurs de monde, de gens qui ne se retrouvent pas dans la norme étiquetée du bon citoyen consommateur, de rêveurs aux mains calleuses, d'inventeurs de nouvelles façons de vivre. des gens qui résonnent dans notre quête.

d'abord, une famille, Myriam et Rodrigo et leurs enfants, qui se sont créé leur maison en papier, et qui s'efforcent de vivre en autonomie, en produisant matériels, énergie, nourriture, artisanat, habits,... Ils habitent le Domo (leur maison est géodésique) et sont connus comme le loup blanc. Ils reçoivent qui veut venir leur rendre visite, prennent le temps de partager une conversation, font l'effort d'être attentifs à leur interlocuteur.

Et  il y a aussi les gardiens de la réserve Sasardi. Aujourd'hui, 5 personnes qui habitent au milieu de la forêt, des anciens urbains, se sont organisés depuis 20 ans pour vivre au milieu des 60 ha de la réserve privée, pour en surveiller jalousement la virginité et accueillir des touristes et des volontaires. Quand ils trouvent le temps, les années où ils sont plus nombreux, ils réalisent aussi des projets écolo et sociaux avec les communautés indigènes environnantes... Mais supporter l'isolement du lieu n'est pas à la portée de tout le monde, et ils peinent en ce moment à étoffer leur effectif...

Et enfin, des personnes hors norme, dans le village de San Francisco, qui construisent leur maison au milieu de nulle part, qui viennent  rechercher la tranquillité, la forêt, la liberté de se consacrer à des activités dévaluées par le monde moderne, fabriquer son chocolat et ses eaux-de-vie, vivre au rythme de la nature, prendre le temps...

la rencontre de toutes ces personnes nous a beaucoup inspiré. et aussi apprendre a se promener en sandales dans la forêt, se baigner dans la cascade au milieu de la jungle (Tom sait nager maintent, sans brassards), cueillir le maïs, préparer des repas avec les aliments disponibles, construire un escalier sans l'aide de ciment...

D'autres utopistes arrivent aussi, d'un autre genre : ils s'appellent développement du département du Choco, connexion de la panaméricaine dans le Darien, extension du réseau de téléphonie mobile, défrichement pour developper l'élevage bovin. Bientôt ça sentira bon l'hydrogène sulfuré, c'est le progrès, dirait Nino Ferrer.

A bientôt, on rentre courant avril en France, l'aventure continue.
bisous
antoine

Posté par famille longet à 16:04 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Trigana, à l'ouest d'Utopie

    (extrait d'Ulysse 31 Vivants Vous êtes vivants !

    Posté par Tonton, 02 mars 2009 à 16:42 | | Répondre
  • Chouette ! Des nouvelles !

    Posté par Charlotte, 02 mars 2009 à 16:45 | | Répondre
  • aaaaahhhhh.....

    Salut nos héros. A force de scruter votre blog depuis debut février sans nouvelles fraiches nous avions commencé à nous inquiéter, puis à nous dire que vous aviez trouvé le paradis.. et en fait nous avions raison. Ce paradis ne vous inspire pas? Vu d'ici on ne sait pas si ce sont des fous ou des visionnaires que vous avez rencontrés. La mauvaise consience nous guette, nous, restés ici bas, dans notre folie conso-destrutrice...très très grosses bises et a très trés bientot.
    Cécile et Phil

    Posté par cecile et phil, 02 mars 2009 à 21:28 | | Répondre
  • DOMO

    Super j'en ai vu en Belgique, dans un écho village fait par des étudiants architectes.
    Je vois que vos pas ne vous guident pas n'importe où!
    Que de belles histoires nous aurons à partager à votre retour
    mille bisous
    Mamine

    Posté par mamine, 04 mars 2009 à 11:25 | | Répondre
Nouveau commentaire